La Mongolie

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Nous entrons en Mongolie comme on entre en terre promise : devant nous, le désert de Gobi semble s’étendre à l’infini, la route se déroule jusqu’à l’horizon, symbole parfait de notre indépendance retrouvée.

Avant de nous élancer, nous partageons un moment privilégié avec un des militaires du poste frontière, alias So Real, qui nous invite dans sa yourte familiale pour partager le thé, des biscuits et de la viande de mouton. Il nous montre une photo de précédents voyageurs que nous reconnaissons bien : ce sont les Malaisiens avec qui nous sommes en contact depuis presque le début du voyage, et qui ont effectué un long périple vers l’Europe en combi et coccinelles quelques mois plus tôt… le monde des « overlanders » est décidément bien petit ! So Real et son père nous escortent ensuite jusqu’à la sortie de la ville, où nos chemins se séparent après de sobres au revoir. Il ne faut pas 10 minutes pour que nous apercevions nos premiers chameaux, à l’allure singulière, entourés de chevaux paissant en  liberté. On retrouve la solitude des grands espaces, nous sommes seuls sur la route.

Nous faisons le trajet jusque Oulan Bator en deux jours. Grâce à l’aide de nos contacts en Belgique, nous avons réussi à nous faire envoyer un radiateur flambant neuf via DHL. Les températures sont anormalement hautes pour la saison, ce qui arrange bien nos affaires, car Martin va devoir procéder à une « dépose de moteur » en plein air. Dans le jargon, cela signifie l’enlever complètement du compartiment afin de pouvoir remplacer la pièce. Nous avons la chance de pouvoir effectuer la réparation sur le parking du lieu où nous nous sommes établis,  à « l’Overlander Oasis » qui porte d’ailleurs bien son nom ! A côté de l’oasis, il y a un garage tenu par un Japonais sympathique ; il accepte de nous louer quelques outils qui nous manquent, on négocie :

« On a deux sangles neuves, solides, vous êtes intéressé ? »

« Le coffre ici, on compte s’en séparer, vous le reprenez ? »

Et on s’en tire avec un troc dans les règles de l’art.

La réparation est de taille et prend deux jours, au bout desquels nous partons tester le nouveau radiateur en faisant une boucle de 100km à l’est d’Oulan Bator, vers le parc national de Terelj et l’immense statue de Gengis Khan. Entretemps, les températures sont revenues à la normale saisonnière, et nous passons notre première nuit à -8°C dans le combi. On se félicite de ne pas nous être séparés de nos sacs de couchage, qui ne nous avaient encore jamais servi depuis le début du voyage. A notre (bonne) surprise, nous dormons très bien, seul l’enfilage de vêtements glacés le matin constitue une réelle épreuve.

De retour à Oulan Bator, nous faisons quelques petits appoints et décidons de faire ressouder une énième fois les pattes de la galerie de toit, désormais délestée de son coffre. Nous récupérons ensuite nos visas russes dont nous avions fait la demande à notre arrivée à Oulan Bator, une semaine avant, et quittons la ville. En route vers Kharkhorin, l’ancienne capitale de la Mongolie, nous sommes frappés par une tempête de sable, une première pour nous ! Le lendemain, c’est la neige qui remplace le sable, et nous arrivons à Kharkhorin dans un état proche de la congélation.

Nous décidons de nous octroyer un séjour dans un campement de yourte, et nous passons une nuit incroyablement surchauffée grâce au poêle à charbon.  Le lendemain, la tempête est passée, et nous découvrons alors seulement le paysage vallonné nous entourant. On part explorer la région à pied, emmitouflés des pieds à la tête. Après l’hiver,  de nombreux cadavres d’animaux sont dévoilés par la fonte des neiges, et nous faisons un détour pour éviter une meute de chiens en train de dévorer une carcasse. L’épisode de la morsure de chien au Laos nous a suffi, merci. La vue est imprenable depuis le sommet de la colline… et récompense largement notre ascension pénible.

Nous reprenons la route le lendemain après-midi, sous un soleil radieux. En chemin, on fait une courte pause pour régler les carburateurs une fois le moteur un peu chauffé. La solitude peut parfois être trompeuses dans les steppes… on ne s’est pas arrêté depuis dix secondes qu’un berger à moto surgit d’on ne sait où et nous observe effectuer les réglages avec un air concentré. Une petite visite guidée du combi et une photo plus tard, nous reprenons la route, dans un combi agréablement chauffé par les rayons du soleil.

Malheureusement, le mauvais temps est de retour le lendemain matin, et c’est sous une averse mélangeant neige et pluie qu’on rejoint une troisième et dernière fois Oulan Bator, avant de bifurquer vers le nord et la frontière russe. Alors que ce voyage-ci touche tout doucement à sa fin, après plus d’un an sur la route, d’autre idées de roadtrips se laissent envisager, des pays à découvrir et d’autres à approfondir… et nous nous promettons de revenir en Mongolie, à une saison peut-être plus propice, quand les steppes auront reverdi et que la météo sera plus clémente.

En attendant, le voyage est encore en cours, et il nous reste un autre géant à appréhender, la Russie !

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