La Colombie (6/6-26/6)

Nous commençons à êtres rodés en ce qui concerne les frontières, et le passage de l’Equateur à la Colombie ne nous prend que deux heures, montre en main ! Nous roulons encore quelques heures, puis passons notre première nuit colombienne sur le parking d’un jardin botanique, au pied d’un volcan. Notre première destination est la ville coloniale de Popayan, située à quelques deux cent kilomètres de la frontière. Nous parcourons cette distance dans des méandres de collines verdoyantes, montant et descendant au gré des caprices du relief, et arrivons à Popayan vers midi. La ville est effectivement très belle, avec ses murs blanchis à la chaux, les toits des maisons en tuile et ses étroites rues pavées. Seul hic, le beau-temps n’est pas au rendez-vous, et dans le milieu de l’après-midi la fine pluie qui tombait jusqu’à présent laisse place à une pluie diluvienne. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, les rues sont désertées, alors que tout le monde, les passants, les vendeurs s’abritent tous sous les arcades des bâtiments. Tout le monde, sauf nous, qui galopons jusqu’au combi, les bras chargés des achats faits pour l’entretien du van.

Nous passons les deux jours suivants dans un éco-hotel, entourée d’une végétation en fleurs et de perroquets pour le moins facétieux. Après dix mille kilomètres de route, un entretien s’impose, et Martin y consacre toute une journée entre deux averses. Entre-temps, notre hôte nous fournit pas mal de conseils quant aux endroits à visiter, dont la route du café. Il ne faut pas nous le dire deux fois ! Nous quittons la région de Popayan, toujours sous la pluie, et croisons les doigts pour que le temps s’améliore un peu dans les jours à venir. Nous serpentons pendant plusieurs jours sur le « Eje cafetero», entre des collines parsemées de plantations de café, visitant une finca, dégustant beaucoup de café et mesurant notre taille face aux immenses palmiers de la Vallée de Cocora. Entre les deux, nous nous arrêtons le temps d’une matinée dans le joli village de Salento, où les maisons très colorées se partagent la vedette avec les Jeeps Willys, toutes aussi colorées, qui à l’époque transportaient le café et leurs producteurs dans cette région vallonnée. Après ces deux jours de répit sans pluie, les averses reprennent de plus belle, rendant la perspective d’autres visites de la région un peu moins attrayante. Après avoir passé Medellin en pleine célébration footballesque, nous décidons de mettre le cap sur Carthagène. En quittant les basses montagnes de l’intérieur du pays, nous laissons également derrière nous cette fraîcheur qui, nous le sentons, va nous manquer ! En effet, à mesure que nous approchons de la côte caribéenne, l’air se fait lourd et moite, et c’est avec les fenêtres grandes ouvertes pour avoir un peu d’air que nous pénétrons dans la mythique cité portuaire. Passés les premiers abords de la ville qui sont fidèles à toutes les périphéries de villes sud-américaines que nous avons pu traverser, à savoir, relativement moches et carrément engorgées, nous découvrons les impressionnantes murailles gardant la vieille ville et son ancien quartier populaire qui la borde, Getsemani. Après avoir garé le combi dans un parking sécurisé et nous être établis dans un hostel de Getsemani (hélas, pas de possibilité de camper dans la ville), nous nous mettons en quête d’une solution pour envoyer notre véhicule au Panama. Il n’y a pas de temps à perdre, car nous savons que les formalités durent en général une grosse semaine. Et bien que la ville s’annonce magnifique et riche en découvertes, elle signifie également plus de dépenses, et c’est pourquoi nous ne voulons pas y rester plus de temps que nécessaire. Sans avoir d’adresse de transitaire maritime, nous errons un peu au début du mauvais côté du port, avant de nous orienter vers le port de plaisance. Le but étant de demander plusieurs devis, afin d’être fixés assez rapidement. Il faut le reconnaître, nous sommes un peu perdus, et nous débarquons dans pas mal de bureaux comme un cheveux dans la soupe. On nous renvoie à chaque fois gentiment à la même compagnie, dont un employé d’un des bureaux nous imprime bien obligeamment l’adresse. Cette information en poche, nous continuons à prospecter, jusqu’à ce qu’une employée d’un autre bureau nous prenne littéralement par la main pour nous montrer une autre compagnie deux bâtiments plus loin, qui n’est autre que celle vers laquelle on nous renvoie dès le début. Nous passons l’heure suivante dans un bureau à recevoir les infos concernant la procédure d’envoi, et, il faut le dire, à nous décomposer face à la somme exorbitante que nous allons devoir dépenser. Deux choix s’offrent à nous, soit nous lançons dès le lendemain la paperasserie pour le prochain envoi, dix jours après, soit nous attendons encore de voir si nous recevons une réponse à l’annonce lancée sur facebook pour trouver quelqu’un pour partager un double conteneur, ce qui réduirait les frais de 300$. Nous nous donnons jusqu’aux lendemain pour réfléchir, même si dans notre tête, nous avons quasiment fait notre choix. Arrivés à ce stade, nous avons plus que tout envie d’aller de l’avant, et l’Amérique Centrale, le Mexique et les Etats-Unis nous semblent si proches que nous brûlons d’impatience de partir à leur découverte. Comme un deuxième départ, ce passage en Amérique Centrale est synonyme pour nous de nouvelles résolutions, après le bilan fait de notre traversée de l’Amérique du sud, avec ses points positifs et négatifs.

C’est décidé, nous enverrons le van le plus rapidement possible, quitte à payer le prix plein. Le lendemain, nous retournons au bureau et entamons les formalités administratives. Une fois cela réglé, il nous reste encore à déterminer comment nous allons nous-même franchir le Darien Gap. A nouveau, deux choix s’offrent à nous : en avion, avec escale à Bogota, ou alors…une croisière dans les îles caraïbes San Blas. Pendant une journée, nous caressons cette idée, sachant de par nos lectures que d’autres voyageurs l’ont fait il y a quelques années pour un prix réduit. Nous passons une journée au port de plaisance, rusant pour entrer dans l’enceinte privative pour avoir l’occasion de parler (et négocier) avec un capitaine de voilier. Mais nous faisons chou blanc, car le seul capitaine ayant accepté de nous faire un prix met les voiles le lendemain, ce qui est impossible pour nous car nous devons être présents lors de la mise en conteneur de notre véhicule, une semaine plus tard. Nous nous rendons malgré tout à l’agence centralisant toutes les croisières, qui confirme juste l’idée que nous avions du prix d’une telle traversée : hors budget pour nous. Dépités, nous nous rabattons sur l’avion avec une nouvelle compagnie low-cost qui présente l’avantage d’offrir un vol direct d’une heure et quart vers Panama City.

Une fois résolue la question de notre passage de frontière, nous pouvons enfin nous consacrer à la visite de la ville, qui nous enchante par son authenticité malgré la forte affluence touristique. Le quartier où nous logeons, Getsemani, est caractérisé par ses maisons très colorées, ses fresques murales et l’ambiance musicale qui y règne une fois le soir venu. Le centre historique, avec ses belles églises et ses maisons aux balcons fleuris encerclées de murailles, nous plonge dans une autre époque, si l’on fait abstraction bien entendu de la horde de vendeurs de boissons, maillots de foot, souvenirs, excursions et drogue qui nous accostent tous les deux pas.

Les journées s’égrènent lentement, dans la langueur et la moiteur de la ville, rythmées par nos ballades et les orages de fin d’après-midi qui viennent rafraîchir l’air, juste pour un temps. On célèbre mon anniversaire, le temps d’une journée où nous nous faisons bien plaisir, enchaînant restaurants et bars jusque tard dans la nuit.

Le jour arrive où nous avons convenu de charger le combi dans le conteneur. Martin y consacre une matinée dans une chaleur écrasante, devant même vider l’intégralité du contenu du van lors du contrôle douanier, tandis que j’attends en dehors du port pendant de longues heures (l’agence avait, entre-autres, omis de nous dire que seul une personne était autorisée dans l’enceinte du port !). Après les dernières formalités effectuées et une copieuse engueulade avec l’agence en question, nous croisons les doigts pour que notre conteneur et son chargement arrivent à bon port ! En attendant, nous poursuivons inlassablement nos promenades urbaines. De Bocagrande à San Diego en passant par Manga, la ville n’a bientôt (presque) plus aucun secret pour nous !

L’avant-dernier soir, nous faisons la connaissance de Yann et Alison, un couple belge sur le point d’ouvrir un éco-hotel sur une des îles au large de Carthagène. nous passons une agréable soirée, admirant le coucher de soleil sur la muraille et profitant une dernière fois de la vie nocturne de Getsemani. Le surlendemain, nous faisons nos adieux à la ville, et nous envolons pour la première fois dans notre voyage vers notre prochaine destination… le Panama !

 

 

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