L’Amérique Centrale: Panama, Costa Rica, Nicaragua, Salvador, Guatemala (26/6-14/7)

Les premiers jours que nous passons au Panama sont rythmés par les formalités pour récupérer le van. Malgré cela, nous nous octroyons un peu de temps pour visiter la ville de Panama City, du marché aux poissons au quartier des affaires, en passant par le quartier historique, le Casco Viejo. La ville de Colon, où nous devons réceptionner le combi, ne présente quant à elle aucun intérêt, si ce n’est les écluses du canal. Pire encore, elle est réputée dangereuse et on nous conseille vivement de nous déplacer en taxi, même le jour. Après une course contre la montre dans les différentes administrations pour pouvoir récupérer notre van en un seul jour, c’est avec un soulagement immense que les portes du conteneur s’ouvrent sur un combi intact. Il démarre au quart de tour, et après une dernière inspection, nous mettons les voiles. Enfin libres ! Le Panama n’est pas très grand, et nous rejoignons la côte Pacifique en moins de trois heures. Nous sommes tellement heureux d’avancer à nouveau, après ce break un peu forcé. Contents aussi, de pouvoir à nouveau juguler nos dépenses, car qui dit séjour en ville dit légère hausse du budget quotidien… nous passons notre première nuit en Amérique Centrale au bord de l’océan, nous endormant au son des vagues et nous réveillant tôt le matin pour aller nager. Dans les jours qui suivent, nous longeons la côte, passant à chaque fois l’après-midi et la nuit près d’une plage, jamais loin de la mer. L’occasion pour nous de tester un cours de surf. On boit copieusement la tasse, les vagues manquent plus d’une fois d’emporter mon bikini, mais on adhère! Les planches sont à nous pour la journée, et on en profite un maximum, jusqu’à ce que nos muscles crient grâce.

En quelques jours à peine, nous atteignons la frontière du Costa Rica, qui comme toutes celles d’Amérique Centrale (on le constatera par la suite), est une épreuve de patience et de discernement. Trouver un tel bureau parmi les innombrables baraquements délabrés qui s’entassent sur le bord de la route, repousser les nombreux « aidants » sans qui, à les entendre, il serait impossible de passer les différentes formalités douanières, et puis surtout, faire des photocopies. Il en manque toujours une, celle du cachet de sortie, celle du cachet d’entrée, la photocopie de l’assurance, « il vous manque la lettre de demande d’importation temporaire »… tout ce joli foutoir est clairement destiné à faire tourner « l’économie » locale, mais pour nous, elle est surtout synonyme d’un énorme gaspillage de papier. Au début on s’en offusque, on râle, on piétine, et puis on se résigne. Nous les faisons à l’avance, en plusieurs exemplaires, et on a la nette impression que ça ne plait pas beaucoup quand on se pointe à l’un ou l’autre guichet avec toutes les copies nécessaires.

Quoiqu’il en soit, chaque frontière s’oublie très facilement une fois qu’on se retrouve sur la route, dans un décor toujours plus luxuriant. Le Costa Rica est fidèle à sa réputation, et nous menons la « pura vida » pendant plusieurs jours, longeant toujours la côte d’un spot de surf à un autre. Car oui, entre-temps, on a craqué, et on s’est offert une planche seconde main pour pouvoir barboter dans l’eau autant qu’on veut. On progresse certes très lentement, mais le plaisir de pouvoir se dépenser physiquement après plusieurs heures de route est bel et bien réel !

Un jour, alors que nous longeons la côte costaricaine, nous sommes interpellés par un panneau nommant le pont juste devant nous « Le pont des crocodiles », et par plusieurs personnes arrêtées au bord de la route et regardant en contrebas. Intrigués, nous suivons l’exemple, et découvrons pas moins d’une quinzaine de crocodiles immenses se prélassant au bord d’une rivière boueuse ! Ils sont impressionnants, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on est contents de les contempler du haut d’un pont…

Les distances sont beaucoup plus réduites ici en Amérique Centrale. Nous roulons peu, passons de longues après-midi à la plage et à nous balader dans les petits villages, mais malgré cela, les frontières s’enchainent assez rapidement. Au Nicaragua, nous découvrons un pays similaire au Costa Rica à première vue, mais encore relativement préservé de l’afflux touristique de ce dernier. Après une dernière séance de surf à Playa Maderas, près de San Juan del Sur, nous mettons le cap sur l’intérieur des terres, vers Granada. La ville est magnifique, toute en constructions coloniales et jolies places fleuries. Nous y dénichons une guesthouse juste en face du lac où nous pouvons dormir dans le van dans la cour intérieure, tout en bénéficiant des commodités. Mais la nuit est courte, car une fête bât son plein jusque 4h du matin dans l’enceinte même de l’hôtel, nous empêchant totalement de dormir. La leçon est durement apprise, à l’avenir nous demanderons systématiquement si de quelconques festivités sont au programme ! A 7h, nous plions bagages et partons, direction le volcan de Masaya. Il s’agit d’un des nombreux volcan encore actifs, mais un des rares où l’on peut s’approcher jusqu’au bord du cratère. La route pour y arriver est elle-même assez singulière, avec ses roches noires éparpillées sur des reliefs accidentés. Nous respirons quelques vapeurs sulfurisées, prenons quelques photos du cratère pendant notre temps imparti (limité à 15 minutes) et reprenons notre route, sous une chaleur toujours plus implacable. Seuls quelques orages de fin d’après-midi viennent rafraichir l’air, le temps d’une ou deux heures. Nous ne faisons que traverser le Honduras, et passons deux frontières dans la même journée. Au Salvador, nous refaisons un peu de surf à la Playa El Cuco, où nous sommes les seuls à profiter des belles vagues, puis à El Tunco, un peu plus populaire, avant de faire la route des fleurs qui, à défaut de ne pas être très fleurie à cette époque de l’année, nous fait passer par de jolis petits villages aux fresques murales très colorées. Nous nous arrêtons dans l’un deux pour manger dans l’un des nombreux « comedor », notre formule préférée pour les haltes brèves à midi, relativement saine et bon marché. Dans le courant de cette même après-midi, nous entrons au Guatemala, où nous sommes impatients de visiter les ruines mayas de Tikal. Avant cela, nous nous arrêtons dans un village non loin de la frontière et faisons la connaissance de Luis, qui parle bien anglais car ayant vécu à Phoenix. Grâce à lui, nous sommes en mesure de faire faire quelques soudures pour réparer notre pot d’échappement fêlé, pour un prix défiant toute concurrence. Nous discutons pas mal du Mexique, qu’il connaît bien, et il nous met en garde contre certains dangers sur la route, nous conseillant de nous cantonner aux autoroutes payantes, plus « safe ». Nous le remercions de son aide, et lui souhaitons bonne chance pour son projet de centre d’aide sociale dont il nous a beaucoup parlé. Le matin suivant, nous nous mettons en route de bonne heure, et au fur et à mesure que les kilomètres s’enchainent nous passons par des paysages complètement différents, de routes sinueuses bordées de pins en basses montagnes à des vallées très verdoyantes. Lorsque nous arrivons dans la région de Tikal, nous sommes pile à l’heure pour le coucher de soleil sur le Lac Péten, et nous y passons la nuit et le jour suivant dans un décor de carte postale. L’eau est limpide, et nous passons une journée à nous prélasser sur le ponton et à nous baigner.

Les ruines de Tikal sont situées dans le parc national du même nom, à quelques kilomètres du lac, enfouies dans une jungle dense. Lorsque nous les apercevons pour la première fois, nous sommes saisis par leur grandeur. Difficile de croire qu’elles on été construites de main d’homme, tant elles sont imposantes, tant elles ont traversé les siècles et résisté aux assauts de la nature. Certaines de ces pyramides sont tout de même presque entièrement recouvertes de végétation, d’autres se révèlent dans toute leur splendeur au détour d’un sentier dans la jungle. Cerise sur le gâteau, nous sommes très peu de visiteurs dans le parc, ce qui nous laisse tout le loisir de prendre des photos comme si nous étions les premiers à découvrir l’endroit.

Le jour suivant, nous quittons le parc de Tikal mais ne nous éloignons pas beaucoup, choisissant de passer une dernière journée dans les alentours du lac. Nous visitons d’abord Flores, petit village insulaire du lac assez joli, bien que très touristique. Sur la rive opposée, nous dénichons un petit camping dans les hauteurs. Ce sera notre dernière nuit au Guatemala, car nous avons décidé de passer la frontière mexicaine le lendemain. Nous assistons à un dernier orage sur le lac, depuis la colline où nous nous sommes établis. A l’aube, nous nous mettons en route, afin d’arriver de bonne heure à la frontière et aussi, de bénéficier des quelques heures de fraîcheur matinale.

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Anne dit :

    Trop cool votre récit et photos!!
    J’adore trop celle où vous cherchez votre chemin dans la jungle 🙂 !!

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