Entre deux continents, de longs préparatifs

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Lors des deux années qui ont précédé notre départ, notre blog a régulièrement été alimenté avec les différentes étapes de nos préparatifs, certains articles avec nos conseils, d’autres étant tout simplement des partages d’expérience. Ensuite, à partir du début du voyage, nous avons laissé de côté cet aspect-là et avons mis en avant le voyage en tant que tel. Mais ce n’est pas pour autant que les préparatifs se sont arrêtés. Au contraire.

Le mois de novembre 2017 vit se clôturer la première partie de notre voyage, celle reliant L’Uruguay au Canada. Elle ne fut pas exempte de surprises –bonnes comme mauvaises– mais nous en avions dessiné les grandes lignes avant notre départ (les transports, la concordance des saisons, le budget,…). La suite, en revanche, resta longtemps à l’état d’idée, de vague esquisse. Pourquoi ? Principalement à cause de l’incertitude de certaines informations, quand elles sont recueillies longtemps à l’avance (notamment dans le cas de la Thaïlande, dont nous parlerons plus loin). Pour petit rappel, notre itinéraire prévu devait nous emmener de Singapour à la Chine, de la Mongolie à la Russie, pour ensuite « boucler la boucle » en traversant l’Europe. Nous apprîmes rapidement que Singapour n’autorisait aucun véhicule étranger à circuler sur son petit territoire, et que la Malaisie requérait le fameux CPD (Carnet de Passage en Douane), que nous ne possédions pas. La traversée de la Chine constitua pendant longtemps un problème également, et pas des moindres : elle interdisait le tourisme automobile aux particuliers, la seule solution était de passer par un tour opérateur. Les rares agences proposant ce type de service affichaient des tarifs exorbitants, qu’ils justifiaient par la lourdeur de la paperasserie à effectuer, et par le fait qu’un guide doive accompagner les voyageurs du début à la fin. Il était possible néanmoins de réduire les frais en constituant un convoi de plusieurs voyageurs. Mais nos appels à convoi restèrent sans réponses, et alors que nous approchions lentement mais surement du Canada, il fallut trouver un plan B.

Nous avons longtemps envisagé d’envoyer le combi au Japon, et de passer en Russie par Vladivostok. Mais les saisons n’étaient pas à notre avantage pour cette partie-là du globe, avec une moyenne de -18°C en janvier/février à Vladivostok… on préférait éviter, merci !

La deuxième option envisagée fut l’Australie. Parfaite au niveau des saisons, un peu moins au niveau du budget, tant pour le coût de la vie que l’envoi en cargo (pour information, un envoi en conteneur 20’ coûte entre 1400€ et 2500€, sans dédouanement et frais de ports à l’arrivée). Mais elle présentait l’avantage de proposer des visas de travail relativement faciles à obtenir qui nous permettraient, le cas échéant, d’assumer le cout de la vie sur place en trouvant un petit boulot.

Cela étant dit, aucune de ces deux solutions ne nous enchantait réellement, et nous stagnions entre des demandes de devis pour ces deux différentes destinations. Jusqu’au jour où nous découvrîmes, au milieu d’intenses recherches internet, un appel à convoi pour le Chine ! Grâce à la participation de plusieurs « overlanders », le coût d’une telle expédition était devenu plus qu’abordable et il ne nous fallut pas deux jours pour organiser cela avec l’agence concernée. Il fut décidé que nous enverrions le combi en Thaïlande, remonterions via le Cambodge et le Laos jusque la Chine. La recherche de transitaire maritime reprit de plus belle, avec succès, et alors que nous nous apprêtions à amener le van à l’entrepôt d’où il serait acheminé jusqu’au port d’Halifax, un dernier retournement de situation vint nous mettre des bâtons dans les roues. En faisant des recherches sur le régime d’importation temporaire en Thaïlande (qui est une formalité à effectuer dans chaque pays visité avec un véhicule privé), nous apprîmes que le pays était en train de strictement réglementer le tourisme automobile, voire de l’interdire dans les cas de véhicules de type campeur. La nouvelle nous fut confirmée sur plusieurs forums et pages facebook, où les rares overlanders qui s’étaient aventurés en Asie du Sud-Est échangeaient des informations plus ou moins fiables quant à l’évolution de la législation. Certains passaient, d’autres restés bloqués aux frontières. Plusieurs agences touristiques thaïes que nous avions contactées nous confirmèrent catégoriquement que nous ne passerions pas, avec notre type de véhicule. L’envoi du combi pour la Thaïlande était déjà organisé, l’acompte payé, mais il nous fallait absolument trouver une solution pour retomber sur nos pattes ! Après plusieurs recherches frénétiques et des échanges avec d’autres voyageurs, il advint que la seule solution était de l’envoyer au Cambodge, à Sihanoukville. Martin passa un coup de fil au transitaire maritime, qui dût nous prendre pour des gens bien inconstants, à vouloir ainsi changer de destination deux jours avant l’envoi du van. Il nous confirma néanmoins qu’il était possible de débarquer le conteneur à Singapour et de l’envoyer de là jusqu’au Cambodge, toujours par voie maritime, pour un somme supplémentaire raisonnable. Notre soulagement fut immense. Nous savions déjà de source sure qu’il était possible de rouler au Cambodge ainsi qu’au Laos avec un véhicule immatriculé à l’étranger. L’envoi durerait 35 jours, ce qui nous laisserait le temps de visiter la Thaïlande malgré tout. L’affaire était réglée !

Durant cette période de recherches et d’organisation, nous nous trouvions au Québec, et nous pûmes compter sur l’hospitalité et la gentillesse de la famille de Martin au Canada. Nous partagions notre temps entre Montréal et Ste-Agathe-des-Monts, et profitions de la ville comme de la campagne lors de longues marches, dans des paysages déjà enneigés. Un soir, nous eûmes l’occasion d’aller écouter un concert d’orchestre symphonique grâce à Alice et Jean-Guy, très présents dans le milieu musical de Montréal. Un autre jour, nous accompagnâmes des petits-cousins de Martin sur leur nouveau terrain afin d’y débiter un arbre mort (notre rôle fut essentiellement contemplatif, il faut l’avouer). Les expositions et les musées ne manquant pas à Montréal, nous dûmes faire un choix, et optâmes pour une exposition sur les Westerns, au Musée des Beaux-Arts.                        Avant de nous envoler pour la Thaïlande, nous visitâmes Boston et, plus brièvement, New York. Le Freedom Trail de Boston, un parcours indiqué par une bande rouge sur quelques kilomètres, nous permit d’optimiser un maximum notre court séjour. A New York, la High Line, une ancienne voie ferrée aérienne reconvertie en promenade, nous fit déambuler entre les gratte-ciels de Manhattan, sans les inconvénients de la circulation. Après un passage obligé par la 5th Avenue, envahie de décorations de Noël, et par Times Square, nous clôturâmes définitivement notre voyage à travers les « Amériques ». L’Asie nous attendait !

4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. lannoo dit :

    salut à vous, quelle histoire ! je débarque sur votre site après avoir découvert votre projet via le magazine COMBI et quel plaisir de vous lire, c’est tellement rare de lire des récits de voyages racontés au passé simple ! ca rend le récit beaucoup plus doux qu’au passé composé…. ca m’a de suite marqué ! est ce possible de s’abonner pour recevoir vos futurs récits ? au plaisir de vous lire. Antoine

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    1. antsyvan dit :

      Salut Antoine, merci pour ton commentaire! Il est possible de s’abonner, en cliquant sur l’onglet “suivre” qui s’affiche sur la page d’accueil du site ou dans la barre latérale, en fonction de ton lecteur 🙂

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      1. lannoo dit :

        Ah yes nickel ! je n avais pas vu le petit onglet « suivre » je suis maintenant abonné, merci 😉

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